Organiser un cours d’escalade pour les « juniors »

Les « juniors » sont les élèves en fin d’école primaire de 9/10 à 12 ans (6H à 9Co). Les jeunes de cet âge développent une logique abstraite et de réflexion de plus en plus aboutie et leur développement cognitivo-moteur permet de proposer expériences motrices et des mouvements plus complexes. Ainsi, le niveau d’exigence et de précision peut être déjà très pointu selon la motivation des élèves.

On organise 30 à 40 leçons de 1h30 à 2h30 selon l’âge et durant le période scolaire (pas de cours durant les vacances et jours fériés). La durée des leçons varie selon le niveau et la motivation des groupes.

Nombre maximal de 8 enfants par moniteur recommandé

L’âge de 12 ans étant un âge de transition, un enfant de 12 ans qui aurait déjà eu une première expérience en escalade pourrait s’inscrire dans un cours pour ados selon sa motivation et son expérience.

À cet âge, on peut séparer les groupes par niveau (« 1ère expérience » ou « 2ème expérience et + ») car il peut y avoir une différence de niveau marquée entre un élève ayant déjà une ou plusieurs expériences d’escalade et un débutant. De ce fait, il faut être vigilant dans la constitution des groupes en début de saison car la différence de niveau dans un même groupe peut être plus délicate à gérer par la suite pour la fluidité et l’homogénéité des séances.

Le moniteur évitera de trop charger le fin de l’année scolaire en activités nouvelles et en quantité de cours, car la période de fin d’année scolaire est souvent chargée pour les familles et les enfants peuvent être plus fatigués et par conséquent moins réceptifs. Favoriser la répétition d’exercices et renforcer les acquis de la saison

Gestion du groupe & mise en place d’un cours

Gestion du groupe

  • Vers 8-9 ans : La ségrégation des activités liées au sexe se développe (les garçons sont plus en bande que les filles). Les garçons forment des groupes autour des jeux, et les filles plus autour du travail. Les groupes deviennent de même âge et même sexe
  • Entre 9 et 12 ans, la rupture entre les sexes est maximale (divergence entre les intérêts, lectures, jeux, etc.) : la vie du jeune se centre véritablement sur le groupe, il a besoin d’être en groupe (apparition des règles du jeu, des complicités, etc.).
  • Il est capable de s’intégrer dans une équipe : c’est « la bande » qui compte. Dans un jeu d’équipe, ils encouragent leurs partenaires et ils sont conscients qu’ils agissent pour l’équipe et pas pour eux-mêmes (responsabilité subjective). Ils préfèreront un système de sanction par réciprocité (éjecter du groupe celui qui s’est mal conduit)
  • Les groupes sont formés de meneurs et de suiveurs (les meneurs ayant le plus souvent de bonnes aptitudes motrices)
  • Le groupe et la perception que le jeune a de lui-même au sein du groupe sont très importants. L’enjeu pour un moniteur est d’arriver à créer une dynamique de groupe positive et stimulante, installer une bonne ambiance du groupe, transmettre des valeurs de respect et tolérance pour que ça marche et que chacun trouve sa place
  • Distanciation avec l’autorité du moniteur, autorité de plus en plus limitée au domaine technique
  • Il s’agit de poser des règles claires en évitant l’autoritarisme excessif et justifier les limites imposées (dialogue) pour maintenir les limites que l’adulte juge importantes et jusqu’où les enfants/jeunes oseront s’aventurer ultérieurement. C’est dans un esprit de dialogue et de respect commun que les conflits se résoudront
  • Personnes de référence : parents, ensuite frères & sœurs et amis
  • L’amitié se caractérise plus par la notion de confiance réciproque. Les amis sont des personnes qui s’entraident et se font confiance.
  • Apparition en plus de la générosité et la gentillesse.
  • À 10 ans, il qualifiera davantage les domaines où il est fort ou faible, ses hobbies, il y a plus de maturité sociale, perception de soi par rapport à autrui.
  • Stimuler le processus de différenciation en incitant l’élève à se percevoir comme individu distinct des autres. Proposer des activités où il réalisera des choix personnels, où son avis sera pris en compte
  • Ne pas hésiter à stopper l’activité pour reprendre les enfants et recadrer le groupe quand ils se dispersent. Utiliser un ton ferme sans crier.
  • Ne pas laisser les enfants sans consignes. Il est utile d’avoir une liste de petites activités/jeux de transition à proposer aux enfants et faciles à mettre en œuvre, le plus souvent au sol : en effet, parfois le moniteur doit se focaliser davantage sur une partie du groupe pendant que d’autres patientent ; il est important à ce moment d’occuper les enfants en leur proposant une activité qui les canalise et les maintient dans un espace délimité proche du moniteur. Exemples de jeux de transition-cliquez ici
  • Proposer des rituels « de sanction » pour se calmer : faire 15 double huit, enfiler 5 ou 10 x le baudrier, la « petite musique » (respiration), rituel du cerceau, etc.
  • Le moniteur peut motiver ses élèves en les incitant à grimper en dehors des cours d’escalade et en participant aux opens/compétitions régionales

Mise en place d’un cours

  • Mettre en place dès le départ un rituel de début et de fin de cours et de fin de cours pour faciliter le déroulement des leçons par la suite : échauffement systématique en répétant la même séquence d’exercice, en corrigeant et en améliorant ceux-ci au fur et à mesure, retour au clam e fin de cours avec des étirements et/ou postures relaxantes, etc.
  • Poser un cadre et mettre en place des règles : il est essentiel de présenter les règles du cours et les attentes au niveau de l’attitude pendant le cours dès le départ et ensuite veiller à ce qu’elles soient respectées – avec bienveillance – afin d’installer un cadre clair et posé dès le départ. Il ne haut pas hésiter à stopper l’activité pour reprendre les enfants et recadrer le groupe quand ils se dispersent, en utilisant un ton ferme sans crier (voix posée et sûre, sans d’hésitation).
  • Liste des règles dans un cours « juniors » :
    • S’annoncer à l’accueil et dire bonjour en arrivant
    • Prendre ses chaussons, les enfiler seul et venir spontanément vers le moniteur en début de cours
    • Retenir les prénoms des camarades
    • Parler sur un ton de voix adapté
    • Ne pas couper la parole lorsque quelqu’un parle
    • Adopter un comportement responsable de pratiquant autonome dans la salle, rester attentif aux autres grimpeurs et se déplacer en marchant
    • Appeler le moniteur avant de grimper (à moins qu’il n’ait explicitement dit que ce n’était plus nécessaire)
    • Attendre son tour avant de grimper
    • Rester poli : accepter l’échec et rester poli même quand on rate un bloc
    • Prendre soin du matériel et de l’infrastructure mis à ma disposition : ranger le matériel à sa place, brosser les prises, ne pas jouer sur les matelas ni avec la magnésie, etc.
    • Ne pas emporter de matériel avec soi, auquel cas le ramener au cours suivant
    • En fin de cours, dire au revoir aux camarades et au moniteur, désinfecter et ranger ses chaussons avant de partir
  • Le moniteur.rice verbalisera également ses attentes durant le cours s’agissant de l’attitude & implication personnelle à adopter :
    • Attitude et respect du groupe :
      • Apprendre à collaborer et adopter un comportement fair-play (entraide, gentillesse), s’adapter à la vie de groupe, encourager et conseiller ses partenaires, veiller à la sécurité des camarades qui grimpent
      • Apprendre à communiquer avec son partenaire (ravaler, bloquer, sec, mou, descendre)
      • Rester attentif envers le partenaire plutôt que les autres pour installer de la confiance (en voie ou en bloc)
      • S’impliquer dans les exercices proposés, même ceux qu’on aime moins. Faire preuve de curiosité.
      • Persévérer et rester motivé même si on rate, apprendre à demander de l’aide au moniteur et ne pas baisser les bras trop vite (ils ont facilement « la flemme » et veulent changer tout de suite de bloc/voie : on apprend aussi en persévérant)
    • Apprendre à se connaitre et s’exprimer :
      • S’exprimer en disant ce qu’on aime ou ce qu’on veut faire, donner son avis et proposer des idées
      • Prendre conscience de sa motivation dans l’escalade et la verbaliser
      • Apprendre à retenir l’expérience vécue plutôt que de se focaliser sur la réussite ou l’échec
      • Développer une capacité d’auto-feedback sur sa performance, être conscient de ses limites et compétences
      • Prendre conscience que l’escalade est un lieu où il est possible de se développer et apprendre à mieux se connaître
Régulation des émotions, confiance & audace
  • En grandissant, le contrôle émotionnel du jeune s’améliore
  • Il a peu de doute et est bien souvent courageux dans la prise de risque
  • Le moniteur peut l’inciter à prendre progressivement de la hauteur en même temps qu’il dépasse sa peur en donnant des repères visuels.
  • Il est capable d’exprimer des émotions et des sentiments et il est possible de l’accompagner dans la verbalisation et une certaine prise de conscience de ce qu’il vit en grimpant pour l’aider à progresser dans sa gestion émotionnelle et sa confiance en escalade
  • Travailler sur les peurs, le tonus, la respiration, la confiance, en proposer des jeux et thèmes qui favorisent le relâchement pour faciliter la gestion du stress et des émotions
  • Pour le débutant, il est toujours important de le laisser s’habituer au milieu vertical en lui laissant vivre un maximum, en lui donnant un maximum d’expériences positives variées et en le rassurant émotionnellement. Les émotions positives ressenties lorsqu’on pratique l’escalade sont des moteurs puissants pour la motivation. Lui faire expérimenter beaucoup de situations variées de mise en confiance dans le matériel, d’abord à faible hauteur, ensuite progressivement plus haut
  • Pour les avancés, c’est un âge où le jeune est capable de grimper en tête. La gestion émotionnelle des chutes en tête est un sujet très délicat à cet âge, car le risque de blocage est élevé. Si le jeune prend peur en chutant, il risque de ne plus vouloir grimper en tête. Il s’agit d’amener progressivement la chute, sans forcer. Et l’assurage doit également être bien travaillé car un mauvais assurage ou une chute moins bien gérée par un camarade constitue une expérience qui peut devenir source de stress ou de blocage.
  • Ci-dessous une liste (non exhaustive) d’objectifs de régulation émotionnelle et d’audace à proposer durant un cours :
    • Bousculer sa peur en essayant l’exercice malgré celle-ci, frôler et dépasser une limite
    • Exprimer ses peurs, apprendre à connaître ses limites.
    • Apprendre à maîtriser ses émotions, sans se fâcher sur le partenaire
    • Ne pas « hurler sa rage » si on rate un bloc, doser la frustration
    • Oser se lancer dans une voie ou un bloc plus difficile que son niveau habituel ou s’engager dans un bloc plus aléatoire jusqu’en haut : il y a un vrai risque de “chute” : tous les mouvements ne sont pas connus ou anticipés, ou en tout cas, on est pas sûr de le réussir.
    • Oser faire des blocs sans les mains, pousser sur des pieds fuyants.
    • Oser se lancer dans des mouvements aléatoires en bloc (jeter à une/deux mains sur une prise, run&jump, jetés de plus en plus haut)
    • S’exercer à augmenter sa hauteur maximale individuelle en bloc
    • Oser s’asseoir dans le baudrier & faire confiance au matériel
    • Oser lâcher à l’auto-assureur de façon spontanée
    • Oser faire le pendule (ensuite en lâchant les mains et/ou avec les yeux fermés/bandés)
    • Oser grimper, se suspendre et faire des manipulations à hauteur moyenne (5-6m)
    • Oser grimper, se suspendre et faire des manipulations à grande hauteur (10-15m)
    • Oser se faire assurer en moulinette (se faire bloquer, se faire descendre)
    • Oser grimper corde non tendue en moulinette, avec un peu de mou dans la corde
    • Oser faire des chutes non averties en moulinette
    • Grimper avec différents partenaires en moulinette
    • Oser grimper en tête
    • Oser faire des chutes « standard » et averties en tête (sous la dégaine, à hauteur de la dégaine, à hauteur de la plaquette)
    • Oser faire des chutes plus grandes et averties en tête (genou à la dégaine, désaxé de la dégaine, etc.)
    • Oser grimper jusqu’à la chute en tête
    • Grimper avec différents partenaires en tête
    • Oser faire une voie de plusieurs longueurs
Cognitif & concentration

9-12 ANS

  • Les capacités cognitives des enfants se développent fortement entre 9 et 12 ans.
  • Leur intelligence se développe dans le sens d’une logique de plus en plus abstraite, et celle-ci apparait vers l’âge de 11 ans.
  • Ils restent encore très présents dans l’action et commettent des erreurs de distractions
  • Ils apprennent encore beaucoup par imitation, il faut démontrer précisément, montrer des vidéos pour des exemples concrets.
  • On peut tout de même plus verbaliser les choses et présenter une activité sans forcément tout dé/montrer, ils peuvent mentaliser
  • Ils peuvent retenir les consignes des activités, on peut exiger de l’attention (« je te montre le bloc une seule fois »)
  • Un certain égocentrisme reste toujours présent
  • Meilleure capacité de de concentration : 10 ans : 40’
  • On peut leur en demander beaucoup, ils ont souvent plus de capacités que ce que l’on croit
  • Vers 9-10 ans, avec l’apparition de l’unité de mesure, il pourra commencer à évaluer la hauteur d’un mur, de réaliser la distance entre deux prises ou la hauteur à laquelle il a grimpé.
  • 10-11 ans : tempes, conservation du volume
  • Il est capable de projeter une direction en se référant à ses propres axes corporels.
  • Il peut anticiper un geste à accomplir, reproduire un geste montré par le moniteur. Il peut également représenter différentes positions par des symboles ou des dessins schématiques, ou percevoir des changements de position entre deux images.
  • La motricité des yeux est automatique, il a un meilleur balayage visuel
  • L’enfant a encore besoin de faire le mouvement pour comprendre (distance concrète par rapport à l’action).
  • On peut travailler un passage avec lui, depuis le sol : il peut comprendre un mouvement ou la logique d’une technique, c’est-à-dire analyser en voyant les prises (en gardant le contact visuel). Cela favorise la prise de conscience des données perceptives et susciter chez l’enfant une mentalisation des perceptions. Par exemple, si l’enfant bloque sur un mouvement, le professeur pourra l’isoler et le reproduire en bas pour le travailler avec lui. Quand il a compris et intégré le mouvement, il sera capable de reproduire le geste appris à l’endroit voulu de la voie.
  • On peut lui demander d’aller toucher telle prise en empruntant tel voie, tel chemin.
  • C’est un âge idéal pour aborder la lecture des voies car il peut établir des relations entre son observation des différents éléments de l’itinéraire (reliefs, prises et formes du mur à disposition) pour en déduire les modalités de progression possibles. La prise d’information s’affine, il reconnaît et identifie des prises ou des configurations de prises ou de reliefs déjà rencontrées, et avec plus de détails
  • Il peut identifier et nommer les différents types de reliefs, situer sur le mur et décrire une prise déterminée (grosse et creuse, petite et verticale (réglette), inversée, oblique. Il connaît la gauche et la droite en réversibilité (face à face) et sur n’importe quel objet dans n’importe quelle orientation. Différence entre contre et près.
  • A partir de 9 ans, il peut connaître le vocabulaire spécifique à l’escalade pour décrire chaque prise et l’utilise : réglette, verticale, inversée, pince, monodoigt, bidoigt ou tridoigt, bac, manette, etc. Il est capable de projeter son point de référence sur n’importe quel point de l’espace. Il est capable de perspective.
  • Il est capable d’organiser son espace en fonction d’un objectif ou de se besoins (veut arriver en haut, à une prise déterminée.).
  • Il est capable de lire et décrire la trajectoire d’une voie déterminée, de dessiner son itinéraire global, et avec de l’expérience différencier les prises de pieds et mains.
  • Il est capable de diriger un partenaire qui est en train de grimper en utilisant le vocabulaire qu’il connaît.
Motivation et installer un environnement stimulant
  • Motivation à réaliser une performance assez marquée et plaisir assez marqué de se mesurer aux autres
  • Leur motivation à apprendre très marquée également et le moniteur profite de leur enthousiasme naturel pour les motiver en installant un environnement stimulant qui donne envie d’expérimenter, de réajuster : ils veulent naturellement apprendre pour acquérir davantage d’autonomie, ils sont curieux, enthousiastes, fougueux. Créer un environnement stimulant est important
  • Le jeu reste prépondérant : jeux de collaboration, défis individuels, jeux d’équipes, des concours individuels entre eux, compétitions & défis en proposant des variantes afin de mettre en avant les différentes qualités (mémoire, habileté, force, concentration, etc.).
  • Créer du lien en s’intéressant à eux (leur demander leurs intérêts, les jeux qu’ils aiment, etc.) et en se présentant à eux (quel âge pensez-vous que j’aie ? qu’est-ce que j’aime faire, etc.) et aussi en grimpant ou en jouant avec eux quand c’est possible. Ils aiment voir grimper le moniteur.
  • Les laisser donner leur avis, raconter
  • Le groupe est le miroir du moniteur : être convaincu, enthousiaste et motivé de ce qu’on propose va les impacter positivement. Si on y croit, ils vont y croire également.
  • Travailler sur la motivation : créer des expériences positives, mettre l’accent sur le plaisir et l’enthousiasme et susciter des expériences de réussite car la réussite est importante.
  • Les émotions positives ressenties lorsqu’on pratique l’escalade sont des moteurs puissants pour la motivation
  • Insister sur un comportement fair-play (gentillesse, entraide) : s’adapter à la vie de groupe, collaborer avec les camarades, j’encourage mon partenaire de cordée
  • Le moniteur peut motiver ses élèves en les incitant à grimper en dehors des cours d’escalade et en participant aux opens/compétitions régionales
Développement moteur & aptitudes perceptives
  • 1er âge d’or pour l’apprentissage de la coordination et la technique : on peut travailler à fond la coordination avec des exercices progressivement difficiles
  • Niveau moteur, l’orientation dans l’espace (càd la position du corps) ainsi que l’organisation dans l’espace (capacité à mobiliser le corps en fonction des caractéristiques de l’espace) se mettent bien en place à cette période : la coordination des mouvements augmente, la capacité de dissociation et la précision des actions musculaires est de plus en plus précise, le relâchement des muscles également (relaxation différentielle). L’enfant devient capable de dissocier les mouvements de la main et des doigts, la force musculaire s’accroît, ainsi que la précision des gestes et leur anticipation, et la rapidité, la précision et l’endurance commencent à faire partie du quotidien. Le corps se transforme.
  • Favoriser toujours l’apprentissage en bougeant, en expérimentant, par le mouvement (kinesthésique)
  • Les techniques sportives fondamentales sont acquises au travers d’un entraînement riche et varié, ciblé, mais toujours adapté
  • Penser à long terme, travailler les bases physiques pour tous les sports
  • Utiliser les formes fondamentales de mouvements pour varier les stimuli & enrichir le vécu moteur en continuant de proposer un maximum d’expérience motrice variée : circuits de coordination dynamique générale (pas seulement grimper) : courir, sauter, se balancer, ramper, grimper des plans inclinés, s’équilibrer, sauter et s’équilibrer, etc. Sur différents supports.
  • Proposer des circuits et mouvements plus complexes car on peut les corriger : affiner le mouvement, rechercher l’économie du geste (il ne s’agit plus simplement de le réussir, mais de le réaliser correctement), affiner les sensations
  • Le moniteur recherche un apprentissage moteur précis et correct dès le début car il est plus facile d’apprendre un mouvement correctement dès le début plutôt que de devoir le désapprendre pour le réapprendre
  • Le moniteur peut aller plus loin dans l’enseignement des techniques de base et des techniques de grimpe plus pointues : techniques d’opposition, grimpe unilatérale, mouvements d’équilibre et coordonnées plus avancés, pose de talons, contre-pointes, techniques d’opposition, etc.
  • Également dans la gestion de l’effort (exercice autour du rythme, tonus, délayer, etc.) : introduire la respiration en évitant la grimpe en apnée, apprendre à respirer lors des moments de relâchement, à diminuer son tonus global. Relâcher une partie du corps isolée en se concentrant sur celle-ci et la relâchant un peu plus à chaque expiration.
  • Le moniteur utilise un vocabulaire précis pour verbaliser beaucoup, de manière à susciter chez l’enfant une mentalisation de ce qu’il a perçu en grimpant, càd lui faire prendre conscience de ce qu’il fait avec son corps quand il grimpe. Cela lui permet de se corriger et de progresser consciemment.
Manipulations de matériel & sécurité
  • De 9 à 12 ans, l’enfant a besoin de limites bien établies et qu’on ne transgresse pas, son intelligence se développant dans le sens d’une logique de plus en plus abstraite.
  • La conscience du risque et des dangers s’installe durablement
  • Les consignes de sécurité doivent être claires et fermes : le cadre sécuritaire doit être bien délimité pour que le moniteur puisse laisser une marge de manœuvre à l’enfant à l’intérieur de ces limites sécuritaires « infranchissables ».
  • Le moniteur commence à les responsabiliser (ex : double contrôle avant le check du moniteur)
  • Leur autonomie est toutefois limitée et une surveillance constante du moniteur est indispensable.
  • Autonomie en bloc envisageable à partir de 12 ans
  • Ils peuvent reproduire sur le mur en différé des manipulations apprises au sol au préalable
  • À cet âge, on peut suivre les contenus des cours ASSE moulinette et en tête de façon plus étalée. On peut exiger une manipulation parfaite de l’appareil d’assurage, un nœud correct, une position d’assurage correcte, etc.
  • Les plus avancés peuvent également déjà grimper en tête, en étant très prudent et progressif dans l’apprentissage et la prise de confiance en lien avec l’appréhension de la chute.